Lors de la suppression des Servites de Lorgues, faite en vertu
d'une sentence des commissaires, en date du 28 mai 1742 ( GG 399),
pour les raisons exposées plus haut, nous voyons par une pièce
des Archives d' A ix (GG 400) que les Conseils comme les Marguilliers du
" Scapulaire " ( c'est ainsi qu 'on appelait la Confrérie
de Notre-Dame des Douleurs) s'opposèrent à sa suppression.
D'où procés. En outre, un autre document de la même
liasse nous apprend que les religieux refusèrent de laisser entrer
le juge royal pour mettre sous scellés les vases et les effets "
appartenant à la Confrérie du Scapulaire établie dans
leur église " ( 13 juillet 1742 ).
Le couvent et ses dépendances furent vendus aux enchères,
le 7 septembre 1751, à Jacques Arnaud, maître-bastier et à
Jean-Baptiste Roux, tanneur, pour le prix de 3.200 livres, et les sommes
provenant de la vente furent partagées entre les couvents Servites
d' Aix et de Marseille.
L 'hospice actuel occupe une bonne partie du jardin des pères, car
le couvent, trop petit pour servir d'hôpital, fut vendu par l'administration
des hospices de la Ville. La chapelle qui communiquait jadis avec le couvent
est spacieuse, sans grand caractère, mais rien à l'intérieur
ne rappelle que, pendant un siècle, les Serviteurs choisis de la
Reine du Ciel en avaient fait un foyer du culte à ses douleurs.
Nous sommes enfin redevables à l'obligeance de M. l' Abbé
Salomon, Doyen de Lorgues, d'un supplément d'informations sur lesquelles,
toutefois, les documents sont muets (1). Cet excellent prêtre nous
a assuré que les Servites auraient, en outre, desservi la
chapelle de la Trinité qui se trouvait jadis dans la rue de la Trinité,
près de l'église paroissiale actuelle. Nous disons jadis,
car cette chapelle a été détruite, de nos jours, pour
faire place à une fabrique de bouchons.
(1) Aux Archives du Département du Var se trouvent
aussi quelques pièces concernant les Servites de Lorgues, cotées
H. - Cf. aussi l' Histoire de Lorgues, par Cordouan. |